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La réserve naturelle de l’Ourthe Orientale

La majorité du site se situe dans la vallée principale de l’Ourthe orientale et le long de ses petits affluents. Les terrains s’égrènent depuis la zone de sources, à proximité du village de Deiffelt jusqu’au Moulin de Bistain sur la commune de Gouvy.

Les terrains appartiennent à l’asbl RNOB et sont en grande partie agréés, c'est-à-dire qu’ils bénéficient du statut officiel de « réserve naturelle agréée » leur assurant une protection intégrale.

En 1985, la réserve est née sous l’impulsion d’Emile Clotuche, ornithologue régional. Entre 1990 et 1995 de nombreuses parcelles ont été acquises grâce au projet "Cigogne noire". Au fil du temps, la réserve s’agrandit de façon sporadique mais c’est surtout à partir de 2004 grâce à la succession de projets cofinancés par l’Europe (INTERREG et LIFE) que cette réserve s’est considérablement étendue pour atteindre en 2012 une superficie totale de 76,50 ha !

Au cours d’une promenade, certains auront peut-être aperçu de petits chevaux beiges ou de petites vaches noires. Mais pourquoi avoir mis ces animaux dans des terrains sans grand intérêt agricole? Il s’agit de chevaux de race « Fjord » et de vaches « Galloway » ou « Angus », des animaux rustiques, particulièrement adaptés au pâturage en terrains difficiles comme les zones humides. Leur travail est simple : brouter pour limiter la recolonisation forestière. Ils maintiennent les milieux semi-ouverts, ce qui permet le développement d’une végétation herbacée diversifiée qui accueille une multitude d’animaux (oiseaux, papillons, batraciens, …). Ce moyen est largement utilisé pour la gestion des réserves naturelles et donne de très bons résultats au niveau de la diversité floristique.

Ce pâturage se distingue radicalement de celui pratiqué en agriculture conventionnelle. Ici, il n’est pas question de rentabilité mais d’entretien d’espaces naturels. Les périodes de pâturage sont tardives (jamais avant le premier juillet) la charge à l’hectare très faible et le bétail est rustique, frugal et peu productif.

Une grande partie de la réserve naturelle de l’Ourthe orientale (plus de 30 ha) est gérée avec succès de cette façon, principalement en collaboration avec des exploitants agricoles locaux. Les autres terrains sont soit laissés à leur évolution naturelle, soit font l’objet d’actions occasionnelles comme du débroussaillage des recrus forestiers ou encore le creusement de mares ou la plantation de haies.

En ce qui concerne sa richesse biologique, cette réserve se distingue par la diversité de milieux qui la composent. La majorité des groupements végétaux typiques des fonds de vallées humides ardennais, depuis de vastes étendues de mégaphorbiaie à reine des prés aux prairies humides à renouée bistorte, y sont présents. Plus localement, se trouvent de très beaux bas-marais acides où foisonnent orchidées, laîches, comaret, violette des marais et trèfle d’eau.

Ces milieux sont des habitats indispensables à de nombreuses espèces animales. La disparition de l’un entraînerait inéluctablement la disparition de l’autre. Par exemple, le nacré et le cuivré de la bistorte sont deux papillons inféodés aux prairies à bistorte, différentes libellules y sont également présentes. Il s’agit d’espèces qualifiées de « reliques glaciaires », c'est-à-dire qu’elles sont faites pour vivre plus au Nord que chez nous mais elle s'y sont maintenues depuis la dernière glaciation il y a plus de 12.000 ans. En Belgique, ces deux espèces sont exclusivement localisées dans les prés humides d’Ardenne et de Lorraine. Elles sont menacées notamment par l’enrésinement excessif des anciens fonds de vallées.

Au niveau de l’avifaune, ces milieux sont fréquentés par le tarier pâtre, la rousserolle verderolle, la locustelle tachetée, le bruant des roseaux, la pie-grièche grise, la pie-grièche écorcheur, la cigogne noire ou encore la bécassine des marais (en passage), pour ne citer que quelques espèces caractéristiques.

Le saviez-vous ?

Le pâturage pratiqué en réserve naturelle implique une charge à l’hectare qui est 10 fois moindre qu’en agriculture conventionnelle ! On mesure l’intensité du pâturage en UGB/ha/an (1 UGB= 1 Unité de Grand Bétail. Soit 1UGB = 1 vache adulte de 600 kg).

A titre d’exemple, en réserve naturelle, une vache adulte peut être mise sur un hectare de terrain pendant environ 2 mois et demi. Si elle y reste toute l’année, elle devra disposer de pas moins de 5 ha ! Ce qui correspond à une charge à l’hectare de 0,2 UGB/ha/an.

La charge à l’hectare maximale admise en réserve naturelle est de 0,5 UGB/ha/an mais est souvent inférieure (entre 0,2 et 0,3 UGB/ha/an).