Les villages

En dehors des zones détruites durant la 2ème Guerre Mondiale, les bâtiments qui composent le cœur des villages ardennais datent principalement du 18ème et 19ème siècles. Il s’agit d’anciens bâtiments agricoles.

Cet habitat traditionnel respecte des volumes très simples avec généralement des « maisons blocs » : un seul volume rassemble le corps de logis, la grange, la remise et la bergerie. Il se compose d’un ou maximum deux étages auxquels il faut ajouter les combles servant de fenil.

Les cellules composant ce bâtiment agricole sont, dans l’ordre, de gauche à droite : le corps de logis, la grange et la bergerie. Les portes et les fenêtres sont petites et comportent peu d’ornementation, quelquefois du bois.

Les matériaux et les couleurs

Les maisons construites au cours d’une période antérieure à la révolution industrielle sont édifiées avec les matériaux trouvés sur place, à l’endroit même  où est érigée la maison ou un peu plus loin dans la carrière du village.

Sur le territoire du Parc naturel, ce sont les pierres de schiste et de grès qui dominent. Dans plusieurs villages des communes de Gouvy et Houffalize, la pierre d'arkoze apparait dans le bâti et les carrières dont on l'extrayait se situe dans un environnement proche des villages. Les murs anciens sont épais et constitués de moellons bruts, dont l’empilement assure une bonne part de la cohésion et qu’un mortier maigre de sable et d’argile ou de chaux consolide. Afin de protéger ce liant et le schiste de l’action de l’humidité, nos ancêtres badigeonnaient régulièrement, les murs de chaux.

Quant aux toits, ils sont couverts de « cherbins », plaques d’ardoise semi arrondies, et débordent légèrement des façades.

Avec l’invention de la pompe à eau industrielle permettant d’extraire les grandes pierres dans les plaines alluviales, l’arrivée du chemin de fer, et, plus tard, l’avènement du transport routier, les matériaux de construction se diversifient. A la fin du 19ème siècle, des calcaires condruziens sont utilisés pour le parement des façades de certaines églises. Puis, des bâtiments en brique seront construits, ainsi que de nombreux encadrements de fenêtre et de portes, détériorant l’identité des villages ardennais.

Les abords des constructions

De nombreux villages conservent dans leur auréole de grands arbres feuillus et des haies composées d’essences locales: charme, érable, frêne, hêtre, noisetier, noyer, tilleul, aubépine, sureau, sorbier, chèvrefeuille, églantier,... et pour les essences fruitières, pommier, prunier, poirier, cerisier.... Ceci contribue au caractère pittoresque du hameau.

Les cours, les avant-cours et les jardinets situés en devanture des maisons traditionnelles peuvent assurer, de par les matériaux qui les constituent et les arbustes qui y sont plantés, une transition douce entre la voirie et l’habitat.