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Lutter contre les plantes invasives

Votre jardin … et c’est bien connu : vous l’affectionnez tout particulièrement ! Vous le trouvez beau, coloré, parfumé, reposant… Un beau cerisier met en valeur votre haie, le tapis de cotonéasters est des plus jolis en automne, les parterres irradient de couleurs avec les asters, balsamines et autres fleurs ! ... Mais saviez-vous que, dans votre jardin, vous possédiez peut être une de ces plantes faisant partie des espèces considérées aujourd’hui comme invasives en Belgique ? Balsamine de l’Himalaya, Renouée du Japon et Berce du Caucase sont aujourd’hui devenues tristement célèbres… mais il y en a bien d’autres ! Actuellement une soixantaine chez nous, elles sont répertoriées dans un système de liste noire pour les plus envahissantes et de liste de surveillance pour celles qu’on étudie encore. Notre région n’est pas épargnée. Fait moins connu : 80 % d’entre elles sont des plantes ornementales disponibles dans le commerce.

Qu’est-ce qu’une invasive ?

Introduites par l’homme entre le 19ème et le 20ème siècle à des fins ornementales, sylvicoles, pour leur qualité mellifère ou encore de façon totalement accidentelle par les ballasts des bateaux ou dans les laines de moutons venues de loin,… les espèces exotiques, animales ou végétales,  colonisent aujourd’hui de façon  rapide une très grande partie de l’Europe. Capables de proliférer rapidement dans les milieux naturels au détriment des espèces locales, elles sont considérées aujourd’hui comme un problème écologique majeur.

Comment les reconnaître et que faut-il faire ?

Vous en avez peut être entendu parler, une vaste campagne d’information est en cours pour attirer votre attention sur la problématique des invasives dans les jardins. Si vous possédez l’une de ces plantes (liste disponible sur le site du projet LIFE AlterIAS), la première chose à faire n’est peut être pas de commencer par l’arracher, la déterrer ou la supprimer mais bien de la tenir à l’œil, de veillez à ce qu’elle n’apparaisse pas ailleurs dans votre jardin ; auquel cas, il faudra éliminer directement les nouvelles pousses, les laisser sécher et les brûler dans votre cheminée. Ne les jetez pas avec les déchets verts, car les graines peuvent se disperser et les racines se régénérer. Et si vous souhaitez agrandir vos parterres, n’achetez plus celles-là !

En effet, le meilleur moyen de lutte reste la prévention : en évitant de planter des espèces invasives et en privilégiant l’utilisation de plantes alternatives - et bien sûr non invasives -, nous pouvons par de simples gestes, agir plus efficacement et contribuer à préserver notre biodiversité. Pour un jardin naturel, il est préférable de privilégier les plantes indigènes. Découvrez ci-dessous et ci-contre quelques alternatives et idées qui peuvent vous offrir la même satisfaction !

Quelle alternative pour le cerisier tardif (Prunus serotina) ? D’abord introduit au 17e siècle pour des raisons ornementales, il a intéressé les forestiers au 19e siècle pour fournir, notamment, du bois d’œuvre. Chez nous, dans les forêts où il est présent (jusqu’à 50 000 ha des forêts dans le Nord de la Belgique), il représente une menace pour la survie de certaines espèces forestières indigènes en empêchant leur régénération et en exerçant une compétition pour les nutriments et l’eau. Il peut être remplacé par un cerisier bien de chez nous, le cerisier à grappes (Prunus padus). Planté en élément de haie, bosquet ou placé en alignement, il charme par sa belle floraison blanche et les fruits qu’il offre aux oiseaux.

Quelle alternative pour le cotonéaster horizontal (Cotoneaster horizontalis) ? Très fréquent et pourtant indésirable, celui-ci produit un grand nombre de fruits consommés par les oiseaux qui en dispersent les graines sur de longues distances. Leur taux de germination de celles-ci est de 30 %. D’autre part, les stolons s’enracinent facilement, même sur les sols caillouteux si bien qu’en Belgique, il envahit aujourd’hui les carrières et les pelouses calcaires. En matière d’alternative, il est parfois difficile de proposer la plante indigène qui soit, en apparence, une copie conforme d’une invasive présentant la même fonction ornementale et qui soit disponible en pépinière. Mais nous pouvons toujours choisir nos plants pour leur fonction plutôt que pour leur morphologie ! Ainsi, parmi les couvres-sols indigènes, on retrouve le buggle rampant (Ajuga reptans), la callune (Calluna vulgaris), le fraisier des bois (Fragaria vesca), l’aspérule odorante (Galium odoratum), le lierre (Hedera helix), la potentille printanière (Potentilla neumanniana), … Toutes sont autant de feuillages et de fleurs aux tons variés !

Quelle alternative pour le cornouiller soyeux (Cornus sericea) ? De par ses fortes capacités de multiplication végétative, le cornouiller soyeux (Cornus sericea) forme un couvert dense qui empêche le développement de la flore indigène. Il peut coloniser des zones de grand intérêt écologique comme les aulnaies marécageuses et les zones alluviales. Ses tiges sont rouges, ses fleurs blanc-crème et on le reconnaît à ses petits fruits blancs. Fort proche, un de nos cornouiller indigène, le Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) séduit par ses rameaux rouges, ses fleurs blanches et ses cornouilles noires bleutées !

Quelle alternative pour les spirées américaines ? Les spirées américaines de couleurs roses ou blanches (Spirea billardii, S. alba et S. douglasii) se multiplient essentiellement par rhizomes et rejets de souches. Emportés sur de longues distances via les cours d’eau et le transport de terre, les fragments de rhizomes se régénèrent facilement et colonisent ainsi berges, bois humides, clairières et lisières forestières. Remplacer une spirée par une gourmandise buissonnière est peut être une alternative à étudier ! Les arbustes indigènes mellifères et producteurs de baies sont nombreux ! S’ils ne réveillent pas vos papilles, les oiseaux en feront leur affaire comme c’est le cas avec la viorne obier.

Les tristement célèbres Balsamine de l’Himalaya, Berce du Caucase et Renouée du Japon…

Ces trois là, c’est clair, les berges de l’Ourthe, elles connaissent et les gestionnaires … les connaissent aussi ! En partenariat avec le Contrat de Rivière Ourthe, le LIFE Loutre s’est engagé dès le début du projet dans une vaste campagne de lutte contre ces invasives. Mis en place avec plus de 15 partenaires différents, d’années en années, la lutte a pris de l’ampleur et a permis de s’étendre à l’entièreté du bassin. En 2011, cela représentait plus de 300 km de cours d’eau gérés contre la Balsamine de l’Himalaya et 200 km contre la Berce du Caucase. Bien sûr, les efforts doivent se poursuivre dans le temps ! C’est pourquoi, la Région wallonne a mis en place une « Cellule Espèces Invasives » qui aide les Contrats de Rivière dans leur travail.

Retrouvez la carte d’identité de ces espèces et leur gestion dans les documents téléchargeables ci-contre.

Un dernier conseil à propos des invasives, toute origine confondue: lors de vos achats, soyez vigilants et aidez-vous du nom latin de l’espèce. Notez également leurs « synonymes » !

Nous avons établi des tableaux avec différentes espèces arbustives et de plantes à fleurs indigènes adaptées à l’Ardenne. Vous pouvez les télécharger ci-contre.

Le saviez-vous ?

Saviez-vous que les balsamines catapultent leurs graines à plus de 7 m du pied mère ? Les 800 graines de la Balsamine de l’Himalaya sont contenues dans une capsule élastique qui explose à maturité.

Saviez-vous que l’arbre à papillons (Buddleja davidii) a emprunté la voie ferrée pour s’échapper des jardins. En effet, les millions de graines produites par un seul individu se font véhiculées et soufflées par les trains !

Saviez-vous que dans nos étangs, on retrouve également des espèces végétales invasives ?