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Projet Interreg de restauration des Fonds de vallées

Grâce au cofinancement de l’Union européenne (Fonds Feder), le territoire du Parc Naturel et le nord du Grand-Duché de Luxembourg ont été le cadre, entre 2004 et 2012, de deux projets Interreg. Le second, intitulé « Restauration écologique transfrontalière des fonds de vallées et des zones humides enrésinés » s’est clôturé en avril 2012. Cette belle collaboration transfrontalière au bénéfice du patrimoine naturel de l’Ardenne belgo-luxembourgoise permet de dégager des résultats déjà bien visibles sur le terrain !

L’heure est au bilan ! Objectif principal : le désenrésinement et la restauration de fonds de vallée et de zones humides présentant un grand intérêt écologique potentiel. Mission accomplie : sur un vaste périmètre de 2 000 km² et 27 communes, ce sont près de 245 ha de terrains qui ont été déboisés et 160 ha de terrains de haute valeur biologique qui ont été achetés afin d’en assurer la protection. Parallèlement, de nombreuses actions de restauration (déboisement, nettoyage de fonds de bois, placement de clôtures, creusement de mares et plantation de haies indigènes) et une multitude d’activités de sensibilisation ont été mises en œuvre. Différents suivis (« monitoring ») destinés à évaluer les effets de ces déboisements et mesures de restauration sur la faune et la flore locale ont été mis en place. D’ores et déjà, ces inventaires ont permis de formuler quelques recommandations à mettre en œuvre pour améliorer la gestion future des sites.

Zoom sur quelques actions dans nos six communes :

Bertogne : à l’occasion de la journée de clôture du projet, le 26 avril 2012, les enfants de l’école de Compogne ont préparé, à l’aide d’outils didactiques crées par le projet, des ateliers pour les adultes. Une très belle matinée de partage et un exemple à suivre.

Gouvy : grâce à la collaboration de Monsieur Henkes, agriculteur à Deiffelt, 9,80 ha de terrains à proximité des sources de l’Ourthe Orientale seront gérés écologiquement par pâturage extensif et fauche tardive. Hormis les travaux de restauration pour la mise en place de la gestion (déboisement, nettoyage du fond de bois, clôtures), la plantation de 1,4 km de haies vives (essences indigènes) et de1 km d’aulnes en bordure des ruisseaux (ripisylve) ont été réalisés.

Houffalize : à un jet de pierre de la Réserve Naturelle Domaniale du Grand Passage (Les Tailles), 8 ha de résineux sur sol peu propice à la sylviculture ont été déboisés. Des clôtures de protection contre le gibier y ont été placées pour favoriser la régénération naturelle feuillue. En janvier 2012, 14 mares ont été creusées. Elles seront rapidement recolonisées par la végétation aquatique, les batraciens, libellules et autres invertébrés…

La Roche-en-Ardenne : dans la vallée du Bronze, au lieu de percevoir des indemnités pour abattage précoce, un propriétaire a préféré que le projet finance le remplacement des jeunes plants de résineux par une essence feuillue indigène adaptée au milieu : l’aulne glutineux.

Tenneville : à Tenneville, comme dans les 5 autres communes du Parc, les habitants ont bénéficié d’une action de distribution d’anciennes variétés  fruitières hautes tiges et de plants de charme. Au total, 612 arbres ont été distribués.

Sainte-Ode : dans la vallée du ruisseau de Golet, l’utilisation du cheval de trait a été choisie afin de réduire au maximum l’impact du chantier de déboisement et d’assurer la protection d’une plante protégée présente sur le site. Les bois ont ensuite été valorisés dans la filière bois-énergie.

Le Saviez-vous ?

La restauration des fonds de vallées (2004-2012) en quelques chiffres…sur l’ensemble du périmètre des projets, ce sont :

  • 245 ha déboisés dont 140 laissés en évolution naturelle, 81 maintenus semi-ouverts et 24 reboisés en feuillus ;
  • 166 ha achetés par des associations de protection de la nature (RNOB et HFN)
  • 72 ha de fonds de bois nettoyés par andainage ou broyage
  • 30 km de clôtures placées pour la gestion par pâturage
  • 10 km de plantation de haies
  • 6 km de plantation de ripisylve
  • 99 mares creusées
  • 767 arbres hautes tiges distribués

 

Saviez-vous que l’épicéa détient le record du plus vieil arbre du monde ? Après datation au carbonne 14, les scientifiques ont estimé l’âge d’un individu à plus de 9 500 ans. Cet arbre de 2 mètres de haut – petit mais costaud – croît dans la province de Dalécardie, au nord-ouest de Stockolm en Suède. Si l’épicéa atteint aisément 500 ans dans les régions scandinaves, il a cependant plus de mal à dépasser les 150 ans en Wallonie.

Saviez-vous que la Cordulie arctique, une de nos espèces rares a été observée sur un de nos sites déboisés? Ses larves ont une nette préférence pour les gouilles d’eau stagnantes envahies par les sphaignes dans les tourbières.